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Croissance et emploi, énigmes de l’innovation numérique ?

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Il est aujourd’hui généralement admis que le développement des technologies de l’information et de la communication représente le début d’une nouvelle révolution – la révolution numérique,  qui serait de même nature que la révolution industrielle, la révolution scientifique, celle de la galaxie Gutenberg, la révolution néolithique, etc. Et de même que pour toutes ces révolutions nées d’innovations majeures, l’humanité semble attendre encore une fois une nouvelle étape de croissance et de progrès, combinant accroissement de richesses et création d’emplois. Le problème ainsi que vient de l’exprimer le Prix Nobel de l’Economie 2001 Joseph Stiglitz dans un article The innovation Enigma paru dans The Project Syndicate, c’est que cette fois, pour autant qu’on puisse juger sur des comparaisons historiques non fondées sur des statistiques, l’un et l’autre sont difficiles à déceler : on à beaucoup d’incertitude à les identifier dans l’analyse des indices d’évolution des PIB, comme dans l’observation des courbes du chômage. Le recours au numérique, explique Joseph Stiglitz,  a permis des avancées spectaculaires comme les innovations financières dans les années 2000 ; leurs produits dérivés ont conduit à la crise sans précédent éclatée en 2012 qui dure toujours. Ou bien comme l’essor foudroyant des start-up de commerce électronique à partir de 1995 ; il s’est terminée par l’éclatement de la bulle spéculative dans le krach de 2000 . Dans ces situations, on a bien vu les espoirs extraordinaires des marchés dans des croissances à deux chiffres et des perspectives inédites de gains immenses. Mais quand le marché s’est retourné, que reste-t-il en définitive de ces grandes espérances ? Et aujourd’hui, ajoute-t-il  est-on sûr que le développement des réseaux sociaux et des sites d’achats en ligne  augmente les PIB et le nombre d’emplois, alors que beaucoup de choses porte à croire qu’il ne fait que déplacer  les flux d’achats et de ventes du commerce physique vers le commerce immatériel sans augmenter le volume d’échanges, en supprimant des emplois administratifs devenus inutiles et coûteux ? La conclusion, ce serait qu’il est bien difficile d’appréhender l’apport de l’innovation numérique en termes de croissance et d’emploi, alors que par ailleurs tout est fait pour attendre ce printemps de l’hirondelle innovation. L’expansion de l’univers due aux innovations permise par l’utilisation du charbon puis du pétrole, avec le train, l’automobile, l’avion, la radio, le téléphone etc. s’était autrefois traduite par des résultats autrement plus probants.

Point de vue décapant, qui doit ouvrir la voie à des études aussi critiques que complexes pour essayer de démêler les transferts entre flux (capitaux, emplois et compétences, marchandises, charges sociales et prélèvements fiscaux…) et leurs conséquences sur l’écosystème économique international .  Leur résultats seront essentiels pour juger en définitive des orientations du commerce mondial depuis la fin du monde bipolaire et  la réactivation du capitalisme financier, ainsi que le rôle des technologies numériques sur la gestion des marchés financiers et de leurs opérateurs, qui ont transformés ces marchés en automates géants et opaques fonctionnant comme des moutons de Panurge à la nanoseconde sur des milliards de dollars. On peut évidemment faire remarquer que la première bulle internet était bien une bulle spéculative née d’un manque de discernement des investisseurs, mais qu’elle n’ôte rien à l’angle d’attaque des start-up ;  que la crise de 2012 est née avant tout de la cupidité et de la fraude de grands établissements bancaires américains et de leurs imitateurs, qui ont instrumentalisés les technologies ; que les innovations financières ont produites une surmultiplication des investissements dans le monde  qui a permis à côté des manipulations frauduleuses  une croissance extraordinaire des profits de grandes entreprises occidentales ainsi que l’apparition des pays émergents ; que l’innovation ne se réduit pas non plus au seul numérique … Mais il n’en reste pas moins que les modèles encore imparfaits de l’économie numérisée tel qu’ils apparaissent  ne sont pas encore ceux de la croissance généralisée ni du plein emploi,  notamment des mains d’oeuvre non qualifiées, il fallait le formuler.

Author: pergame

Créateur et réalisateur depuis 10 ans de show-rooms virtuels et de vitrines technologiques pour des groupes de haute technologie, PERGAME CONSEIL est un cabinet de conseil spécialisé dans la valorisation de l’innovation et des technologies. Ses experts et designers accélèrent la transformation des réseaux d’innovation en développant leur audience et leur rayonnement au sein des entreprises et de leurs filières métiers. L'expérience acquise par PERGAME CONSEIL et ses partenaires Cybel, Creé, RCBF dans la valorisation de l'innovation est irremplaçable pour les entreprises qui veulent progresser vite et bien. La part que le cabinet a pris depuis des années dans la priorité donnée à l'innovation aujourd'hui témoigne de son objectivité et de son sérieux dans ce domaine au-delà de la précarité des effets de mode.

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